07/06/2009

Tant qu'il en est temps

Bien la première fois que ma double progéniture n'est pas physiquement à mes côtés pour me souhaiter cette fête des mères avec leur belle innocence, leurs adorables objets de plâtre et leur collier de pâte à sel aux chatoyantes couleurs qui déteignent sur les pulls. Anyway, elles ont passé l'âge des cadeaux made in primaire. Quelque temps déjà qu'elles entâment leur argent de poche pour m'offrir le CD ou le DVD que je convoite (le dernier c'était le Zest of de Zazie).

Alors cette année si space, moi en banlieue parisienne, elles en banlieue lyonnaise, je me suis sentie impatiente, fébrile, en attente de leur appel. Et quand la sonnerie a retentie vers 11h ce matin à quelques minutes de décalage, l'une sur le mobile, l'autre sur le fixe, la grande - oreille gauche, puis quasi simultanément sans s'être concertées, la petite - oreille droite, je me suis sentie maman comblée, maman émue, maman qui compte, maman aimée. Maman quoi. Avec deux petits appels de rien du tout et de quelques minutes.

J'ai souri le coeur léger en constatant la queue qui s'allongeait devant Marionnaud, ouvert ce dimanche matin pour permettre en consommant aux papas retardataires de faire plaisir aux femmes de leur vie.

Alors j'ai pensé à mes propres mamans... l'une biologique, si lointaine, si distante, si différente, si perdue... l'autre adoptive de coeur, si présente, si dévouée, si impliquée, si sollicitée.

Au resto chinois, j'ai entendu cette dame qui entamait la conversation avec son voisin et lui disait qu'elle n'avait plus de maman à qui souhaiter sa fête, que de toute facon on n'a pas le choix et que c'est la vie. J'ai pensé à ma mère biologique qui depuis 13 ans n'entend plus sa Carmencita lui dire bonne fête maman. J'ai pensé à ma mère de coeur qui depuis 11 ans n'entend plus son fils unique lui dire bonne fête maman.

Alors je suis sortie du resto chinois et j'ai appelé dans l'ordre légitime la première de mes mères, à l'autre bout de l'Espagne, avec une tendresse inhabituelle qui l'a surprise elle, et moi aussi. Et j'ai appelé la seconde, grand mère de mes crakottes, dans le désordre naturel mais affectif.

J'ai raccroché submergée par la pensée d'un jour pas si lointain où il n'y aura d'autre réseau que spirituel pour leur dire que je les aime chacune à ma façon si différente et particulière. Bouleversée aussi par la pensée suivante et logique où les prunelles de mes yeux pourraient à peine penser à leur mère en terme génétique, voire n'y plus penser du tout.

Si vous avez la chance encore d'avoir une mère, voire plusieurs, naturelle ou de substitution, posez tout, prenez votre téléphone, pensez à lui dire qu'elle compte pour vous, aujourd'hui, demain qu'importe le jour, tant qu'il est temps.

19/05/2009

Alma desnuda y los pies sucios

Faut-il plus d'impudeur pour passer devant sans sourciller, sans regarder, sans plus même voir. Ou l'impudeur est-elle de s'arrêter, de regarder ces pieds crasseux et racornis, de s'imprégner de cette odeur jusqu'au dégout, de sortir son mobile et de shooter, d'attirer les regards réprobateurs.

Des passants impassibles je me fous. Je shoote.

IMG01526.jpg

Lectures de RATP

Un ami cher bien que de courte date m'a questionné il y a une poignée de jours par mail, surpris de mon silence multicanal. "Tu intériorises ou bien ?"

Je m'adapte. Je fais tantôt de l'apnée, tantot la tête hors de l'eau. Je prépare le nid pour mes crakottes, mes gazelles, mes marsupillamiettes, mes amours... Energie disponible ? Nada mas !

Dans le métro, je ne réfléchis plus... Je me bouche tout ! Le nez, les yeux, les oreilles, la sensibilté, l'empathie. Je lis. Non, j'engloutis. Je me submerge d'autres univers. J'alterne les hors d'oeuvre (Le sumo qui ne pouvait pas grossir de Schmitt) avec du poids lourd, plat de résistance, pas par le nombre de pages mais par l'insupportable l'indicible (L'office des vivants de Claudie Gallay). Je m'évade en Fantasy (La chronique des elfes de Fetjaine) et je ne cesse de revenir au Paris de 1941, entre le café du Dôme et celui de Flore en compagnie d'un Charmant Castor qui se raconte sous toutes les coutures de ses états philosophiques à son Cher Tout Petit (Lettres à Sartre, de 40 à 63, de Beauvoir).

J'ébauche des programmes de fidélisation, transformation, attrition... et je tchate des mots d'amour blackberrysés.

05/04/2009

"Seule Venise" de Claudie Gallay

Note antédiluvienne à l'escapade antillaise que je peux terminer en pleine nuit -3h du mat' chez moi , 10h dominicales déjà chez vous- grâce au décalage horaire, grâce à la toux de dame aux camélias qui me déchire les bronches depuis 3 jours, grâce au canapé gigantesque dans le salon pour pas réveiller avec mes quintes et reniflements l'ours endormi, grâce à mon BB Curve 8310 greffé au bout de mes phalanges....

Certaines combinaisons de mots, dépourvues de petite musique, vous glissent devant les yeux sans s'accrocher à rien. Et voilà que sans explication aucune, d'autres dès la première ligne hameçonnent, droguent et hypnotisent. Inutile de se débattre, c'est vite une évidence et faut se laisser mettre dans l'épuisette.

22ème matin de ma nouvelle vie de parisienne, et de nouveau, cet oppressant trajet de la Mairie des Lilas, correspondance Hôtel de ville jusqu'à Argentine. 45 minutes. Yeux perdus dans le vague, de fatigue et de tension nerveuse. Me suis dit soudain que Bon Dieu non ! Vais pas pouvoir moi aussi si vite me transformer en clone de ces légumes cotoyés au quotidien aux yeux qui hagards, qui agressifs, qui indifférents voire méchants. Me sens tellement vampirisée par mon nouveau boulot que je n'ai plus l'énergie de rien. Heureusement que mes gazelles sont protégées de ce rythme infernal encore quelques mois. Lire comme écrire exigent trop de concentration, je ne fais que subir les éléments exogènes pour me secouer la couenne entre 9 et 19, portée par une vague créative et commerciale bien plus puissante que moi et ma capacité d'adaptation..

Je ne pense plus, je ne lis plus, je ne rédige plus qu'en mode "Programme Relationnel Prospect et/ou Client" toutes marques et tous secteurs confondus. Pile le taf dont je rêvais, certes. Ne plus se consacrer qu'au coeur de métier, le rêve. Ecarter les contraintes de gestionnaire et de chef d'entreprise, le soulagement. Les oublier, prises en charges par d'autres que moi, une renaissance... One more !Ca a un prix aussi. Même se laver les cheveux devient une ligne insérée dans ma liste gestion du temps que j'arrive pas à gérer. Donc je passe mon temps les cheveux attachés. Et les yeux et le corps hagards chaque matin et chaque soir dans le métro. Bon Dieu (bis), ca suffit, resaisis toi ma fille que je me tance, assise décalquée dans la M11 ! Moi pensant naïve que grâce au trajet en transports en commun, j'allais de nouveau pouvoir engloutir des tonnes de bouqins en retard en papivore addicte.

Pfffff.... Trois semaines que, matin et soir, je ballade le troisième roman de Claudie Gallay dans mon sac "Seule Venise" acheté dans la foulée de la lecture de son dernier "Les déferlantes". Bon Dieu (ter)... Quel régal.. Quand je m'entiche d'un auteur, faut que je dévore toute sa production. Enfin, je me décide en acte de révolte versus l'anihilant trajet sous terrain à faire prendre l'air au dit bouquin. Et les premiers mots me scotchent. Un truc qui dit que la colère lui est restée imprimée sur le visage avec ses 3 barres entre les yeux et qui même en frottant bien ne s'effacent plus. Machinalement, je me tourne vers mon reflet sur la vitre noire et passe l'index sur mes putains de trois griffes du lion incrustées dans le dur et la douleur.

La fille de 40 ans plaquée par son mec, vide son compte en banque et prend la fuite jusqu'à Venise. Mon mec à moi, il m'avait pas larguée mais je ne compte plus les années aspirées à fuir. Sans jamais pouvoir briser mes chaînes. Toutes mes chaînes, d'amour et de chair. Souffle l'air de la lagune dans la ligne 1 correspondance Hotel de ville. Je soupire. Me reconnait encore dans certaines pages. Colère. Révolte. Les ruptures, voulues ou subies, se ressemblent toutes en somme. Venise me déroule ses canaux. L'un des personnages un vieux prince russe, je crois, dit qu'il faut un talent que tout le monde n'a pas pour raconter la souffrance, la mort, la résilience, la reconstruction. Je suis jalouse. Toujours un peu de ces talents là. J'aime son écriture. Elle me hèle au passage. Me réconcilie avec moi-même et mes drogues favorites : lire et écrire. Thérapeutique résilience.

Station Argentine déjà... Je finirai la fuite vénitienne dans le tgv ou l'avion... .Le virus me reprend deux jours avant de partir direction St François de la Guadeloupe. Toujours mes yeux saluent au passage sur le mur de sortie de la station le panneau Nunca Màs que gritarón los argentinos. Je me rajoute une ligne dans la liste mentale : raconter quand l'autre jour j'ai secouru cette fille de 20 ans évanouie à la Station Concorde. Pour pas oublier de ne pas m'habituer à l'indifférence. Désolée la foule anonyme et inhumaine, moi, je fonce dans le tas, tête baissée, o alta y brava segun la corrida. Me sauve jamais devant rien. Fureur taurine. Palpitations latines. Empathie profonde.

Le jour vient de se lever sur l'Anse des Rochers. Stores électriques. Lever de soleil encore humide. Un ours à poil passe. Grogne pour la forme. M'engueule un peu, gentiment, de passer nuit quasi blanche. Nudité étirée détachée sur le bleu de la piscine.
Bouge pas chéri...
J'immortalise.

Pointe à pitre, ciel d'orage : 18h00 heure locale et 28 degrés....

464 km/heure indique l'écran incrusté dans le siège devant moi. Restent 5 minutes de vol et 65 km et comme d'habitude j'ai les tympans explosés ! Un truc à peine moins douloureux à chaque nouveau vol. Aiguille à tricoter que la pression vicelarde s'amuse à trifouiller au fond de ma cervelle. Mer de nuage luisante à travers le hublot. M'en lasse pas. Pointre à Pitre nous accueille sous la pluie. Vont être bien décues, mes gazelles qui n'envient rien à leur mère côté pipelette et taillent la converse avec leurs voisines de voyage 10 rangées derrière nous. 8 heures not thinking about writing a PRM*.... je suis en vacances... hummm...IMG00973.jpg

Ce message est envoyé avec BlackBerry® d'Orange 

04/04/2009

Baptême de l'air de crakottes !

Si vous passez par ici, la clé est dans le pot de fleur, merci d'arroser les plantes vertes et de donner quelques croquettes au chat... Les crakottes, l'ours et moi on file se requinquer au soleil des Antilles ! On vous ramène du sable ? Envoyé depuis mon Blackeberry Orange sous les gros yeux de la charmante hôtesse de l'air.... Je kiffe grave !

01/04/2009

Des CV pour se mettre à table !

A l'instant où m'asseyant dans la dernière voiture de la ligne 11 avec mon 20 minutes en main, je me disais « Tiens faudra que je m'occupe de désactiver tous mes CV en ligne.... », j'attaque la lecture en Z du gratuit par un article Emploi.
Depuis hier les chercheurs d'emploi de St-Ouen étalent anonymement leurs compétences sur les tables de 25 restos de la ville. Et pas en version word, pdf ou html...
Non non... Version set de table !
15 000 exemplaires imprimés aux compétences de 64 profils, allant du serveur au peintre pour permettre aux patrons de PME de gagner du temps de recrutement tout en déjeuner.

Et si le menu proposé ne convient pas, le chef (ici en l'occurrence le chargé des relations avec les entreprises partenaires du PLIE, plan local pour l'insertion et l'emploi) a un plein stock de CV en réserve !

Bon appétit m'sieurdames les recruteurs !

23/03/2009

Piquouze anti candeur

Réveil 5 heures du mat’… Et pas de frisson !
Encore plein les narines des effluves et des bisous de mes bébés gazelles. Bon travail ma Mamounette chérinette qu’elles me soufflent.
Quitter la lumière matutinale lyonnaise. 2h de TGV et quelques centaines de pas plus tard dans les interminables couloirs de la Gare de Lyon. Sac, cartable, valise… Mule haletante. Arrêt sur image. Shit. Pas eu le temps de me faire ma piquouze hebdo de cuirasse de cécité et d’indifférence que déjà me cueille au pied de mon escalator ma 1ère dormeuse au sol nu de la semaine, emmitouflée dans ses fringues crades et ses morceaux de carton.

Parmi l’album photo de ma première semaine parisienne, des images qui ont happé les yeux clairs de mes deux crakottes candides. Quelques corps allongés, quelques mains tendues, des nippes bariolées et raides de crasse.

« Et c’est qui ces gens ? » dit la petite.

« Bah devines ! c’est pour son blog », répond la grande.

Et de raconter autre chose que l’Arc de Triomphe qui m’éclabousse de lumière chaque matin à la sortie du métro, et les grands magasins, et Montmartre, et Notre Dame…

La fille indienne avec le trop grand bébé scotché à son sein qui me mendie effrontément…

Le quinqua black qui touche ma main sans me regarder et qui compte ses pièces…

Celui qui insiste si lourdement pour gratter un ticket resto…

Celle qui me dévisage parce que je dévisage son visage camouflé…

Je raconte les trucs plus glauques, plus crus, plus vivants, plus désarmants, plus dérangeants que je ne pourrai pas leur épargner bien longtemps à mes petites provinciales du trou du cul de la Dombes.

18/03/2009

D'âmes effleurées, le taiseux

Alma, mon écrivaine à peine effarouchée. L'après-midi d'aujourd'hui est belle comme celle que tu racontes. J'entends les voix joyeuses des enfants dans l'école d'à côté. J'étais en plein travail et ton blog puis ta voix m'ont sauté à l'âme. Impossible de travailler plus longtemps, pourtant je suis "charrette". Ton écriture est d'une sensibilité, d'une subtilité qui me fait sentir ours pataud.
Comment a-t-elle pu sentir, deviner, s'immiscer dans mes sentiments et mon désir d'elle, de sa magie, de ses yeux gris qui me transpercent et me sondent comme deux scanners voluptueux? Pourquoi je peux l'écouter et lui parler aussi naturellement, profondément. Me livrer sans retenue, moi qui suis un taiseux ? Pourquoi elle me rend homme tout en respectant ma part de féminité ? Pourquoi Alma tu me donnes des envies de jeune homme, et tu m'enlèves cette fatigue existentielle qui habite la "mûritude". Est-ce que nos âmes vagabondes se sont déjà aimées ? Ailleurs. Dans un autre espace. Un temps où l'innocence était de mise, où nos corps ont su jouer dans des langueurs câlines puis torrides. Nous nous sommes reconnus, bien sûr ! Cet après midi là a été un moment d'éternité, que j'aurais voulu ne pas avoir à interrompre. Est-ce que l'émotion qui se construit, mûrit, embellit à chacune de nos rencontres bâtit un lien...?

"Les enfants qui s'aiment
s'embrassent debout
contre les portes de la nuit
et les passants qui passent
les désignent du doigt
mais les enfants qui s'aiment
ne sont là pour personne
ils sont ailleurs
bien plus haut que le jour
bien plus haut que la nuit
dans l'éblouissante clarté
de leur premier amour."

Charly

11/03/2009

Aujourd'hui, j'attaque !

EmploiJe n'irai pas par quatre chemins. Aujourd'hui, j'attaque ! Non, vous bilez pas : je vais pas défier le mont Everest, ni braquer la BNP cagoulée et armée jusqu'aux dents, pas plus que séquestrer les personnels rassemblés de l'agence près de chez moi du Pôle Emploi (d'autant plus depuis que je connais le prix faramineux -500 000 €- de créa pour leur nouveau logo... Pffft ! Ferait mieux de l'investir en formation des équipes terrain), encore moins dynamiter le Service Client de SFR (téméraire mais pas folle, la marsu !). Voilà, c'est juste que j'ai pris ma valise rouge, la plus grande à raz bord du tiers de ma penderie, deux sacs de voyage raz la gueule de chaussures et sacs à main impossibles à fermer, de mon ordi pour bloguer un max et un billet TGV pour Paname ! Quoi... vous ne devinez pas ? Bon, c'est bien parce que je vous ai à la bonne, je vais pas vous faire mariner plus longtemps. Tellement heureuse de partager. Ajourd'hui, si les recruteurs me cherchent je ne serai plus disponible ! J'attaque mon nouveau job ! Si, si... ya ce pdg d'agence là qui est assez perspicace (ou allumé) pour me confier la gestion des programmes relationnels de ses clients ! Cher trop grave, comme disent mes ado de filles ! Je ne m'étais pas fixé d'objectif en terme de timing (si ce n'est de durabilité financière) mais j'avoue que foirer les statistiques nationales en mettant les bouchées doubles pour trouver un job en 31 jours Top Chronosse (comme le dit la Belluci et à 44 ans je vous prie ! moi hein, pas la Belluci... mais j'en sais rien moi quel âge elle a, la Belluci !) n'est pas pour me déplaire ! Blog_emploi_image Et qu'est ce qu'on dit aux gentils ces messieurs mesdames de Pôle Emploi qui font bien ce qu'ils peuvent ! Bye bye ! See you far far very very far !

Merci d'être passé...

  • Blogger.com